Bonjour Miss Jools,
un grand merci de nous avoir donné
l’opportunité de te rencontrer ce soir ! Quand as-tu
commencé à mixer ?
Il y’a
environ 12 ans, quand j’étais étudiante.
Comment cela
s’est-il passé la première fois
?
Mes amis organisaient des soirées en ville, et tous les gens
que je connaissais, garçons ou filles avaient un jour ou
l’autre les commandes des platines, alors je me suis dit,
pourquoi pas moi !
Te rappelles-tu la
toute première fois ou tu as joué
?
Oui, c’était à une after où tous mes
amis étaient là, c’était une bonne
expérience, parce que ce n’étaient que des amis
qui étaient là, mais, je me rappelle que j’ai
fait beaucoup de bruit (laugh) ! C’était
carrément un désastre ! Et ça a duré
comme ça pendant 6 mois !
Comment a
évolué ton style musical au fil du temps
?
Quand j’ai commencé le mix, j’étais
influencée, parce qu'il ya 15 ans j’écoutais
Tony Humphries, Frankie Knuckles, de la Deep Soulful House,... J
’ai été très influencée, mais
bien sûr tout cela a très fortement
évolué au cours des dernières
années.
Ce n’est pas
très habituel pour une fille d’être DJ, tu as
certainement dû entendre cela une quantité innombrable
de fois. Même sur Internet, au niveau des forums de
discussion par exemple, c’est évident que c’est
plus un monde de mecs, assez sexiste ; pourquoi à ton avis
?
Je pense que ces trois dernières années, nous
commençons vraiment à prendre nos marques.
C’est une industrie dominée pas les hommes, mais pour
moi, à mon niveau, ça ne se ressent pas. Ce
n’est pas un problème.
Et penses-tu que pour
une fille qui débarque dans ce milieu aujourd’hui
c’est toujours plus difficile ?
Je pense que c’est le cas dans beaucoup de domaines,
c’est le même problème partout, pas uniquement
dans la musique. Si tu fais abstraction de ça et que tu as
tes propres goûts, c’est la même chose, tu as
juste besoin d’aide pour y rentrer, mais ça
c’est le cas pour tous.
Il y a de plus en
plus de DJ filles…
Oui maintenant de plus en plus.
Tu as
été résidente sur pas mal de radio comme Kiss
FM à l’époque, penses-tu que cela a
contribué à ton succès ?
C’était comme on dit en anglais « a stepping
stone », c’est une expérience que je devais
faire comme les radios pirates underground, c’était
des radios très courantes à Londres dans les
années 95 – 96, bref, toutes ces apparitions radios
sont bonnes pour le CV. Mais ce ne sont pas les choses les plus
importantes. Il y a 6 ou 7 ans sans doute que oui…
C’est
intéressant pour se faire connaître et être
booké plus facilement…
Oui, tout à fait.
Mis à part les
radios, quels sont les plus grands événements qui
t’ont menés là où tu es
aujourd’hui ?
Travailler en studio, réaliser mes propres traks,
c’est un autre niveau pour moi. J’ai de
l’inspiration, je suis plus excitée à
l’idée de produire, oui, je continue !
Tu es Dj
résidente au Clandestino à Londres, mais tu tournes
aussi un peu partout en Australie, à Singapour,
Tchécoslovaquie, Grèce, Portugal, Italie, Croatie,
Miami, Ibiza,…après tous ces endroits prestigieux,
reste-t-il encore des endroits ou tu voudrais jouer
?
J’ai beaucoup voyagé en 10 ans, mais il y a encore
beaucoup de pays où j’aimerais jouer, par exemple, en
Inde…en Thaïlande par exemple. J’aimerais
beaucoup aussi que le Clandestino devienne un jour
international…à Ibiza, en Italie, etc…
Aujoud’hui,
comment décrirais-tu ton style ?
Mon style est plutôt Techhouse, Minimal, Electro…de la
bonne House Electro. Parfois plus Techno, plus Minimal mais pas
trop Deep…
Au début du
set, tu testes un peu le public afin de savoir dans quel style tu
vas les propulser?
Oui, tout à fait ; Miss Jools a son son, ses palques quand
elle va mixer, c’est évident, mais, bien sûr tu
dois d’abord te rendre compte de la situation, qui est
différente chaque nuit.
Tu mixes plutôt
pour toi ou pour le public ?
C’est difficile, je ne peux pas toujours mixer pour moi, ce
n’est pas possible, si je joue ce que j’aime et que
tout le monde s’en va, je dois bien sûr faire quelque
chose…
A ton avis, quels
sont les ingrédients indispensables pour une soirée
réussie ? Tu vois, ce détail indescriptible qui fait
que la soirée est un carton ?
Il est important que les gens qui organisent une soirée
aient un concept qu’ils maîtrisent, qu’ils
sachent pourquoi ils organisent une soirée et dans quel sens
ils comptent aller, avoir les bons Dj’s qui jouent la musique
que les gens veulent. C’est l’organisation qui compte,
plus que les DJ’s qui viennent jouer. Je suis
résidente au Clandestino, et je promotionne vraiment
l’état d’esprit du Club. Je choisis les bons
Dj’s, dans cet esprit.
C’est donc
l’organisation qui est la clef…
Oui, avant que tout le monde danse et que tout le monde
s’amuse, il y a un stress énorme derrière tout
ça.
Penses-tu que
beaucoup d’organisateurs comprennent cela
?
Non, beaucoup invitent des Dj’s très connus, seulement
pour faire du fric. Pour moi, c’est complètement nul.
Les soirées les plus underground sont pour moi les
meilleures.
Quel a
été ton meilleur souvenir en tant que DJ
?
Je ne sais pas, je n’ai pas une bonne mémoire (laugh),
beaucoup, énormément de soirées, en fonction
des gens présents, de la situation, …mais il
y’en a vraiment trop pour s’en souvenir…
Et en temps que
clubbeuse ?
J’ai été clubbeuse pendant peut-être 6
ans avant de commencer à mixer. Tous les WE,
c’était une belle fête (ndlr : « mais
quelle belle fête ! »). J’ai beaucoup de bon
souvenir sur le dancefloor avec mes amis.
Sur ton site web, tu
parles de ta dernière production, Sleeper Thief, peux-tu
nous en dire plus ?
Oui « Sleeper Thief » est fait en collaboration avec
AudioFly qui est basé à Londres, et moi. Nous avons
un release 'Free Ride Ep' sur le label 64Records. Nous avons un
très bon feedback des autres Dj. Nous travaillons maintenant
en studio toutes les semaines, nous avons déjà fini
un remix.
Tu travailles plus
les remixes ou tes propres productions ?
Non,
nos propres titres. Audio Fly est plus Electro-House, plus
accessible. Maintenant que je travaille avec eux, c’est un
son différent, moi je suis plus Underground à la
base. C’est très excitant de mélanger les
styles de cette façon.
Il arrive souvent
qu’un morceau soit plus Underground au début, et
qu’ensuite le public le découvre et que ça
devienne commercial. Ainsi, beaucoup de clubbers délaissent
alors le titre comme s’il était
désacralisé et sans intérêt, que
penses-tu de ce phénomène ?
Oui, un exemple majeur est celui de MANDY – Body Languages
(Physical Mix). C’était une track Underground et
beaucoup de DJ’s la playlistaient, c’est alors devenu
commercial et ce titre a franchi une barrière. C’est
passé sur le dancefloor commercial et ça a
cessé d’être « un bon morceau ».
C’est alors que les Dj’s underground ont cessé
de le jouer. Mais en fait cette track est toujours aussi bonne.
Penses-tu que le
terme commercial est forcément péjoratif
?
Je ne pense pas que ce soit bien ou mal, je pense que les
Dj’s qui produisent une track qu’ils veulent
Underground, ne vont pas dire « stop, je ne veux pas que
cette track soit trop vendue à travers le monde »,
ça rapporte beaucoup d’argent. Mais c’est la
musique, ce sont les règles…
Quel est ton Top 5
?
Shake the Rythm, Galiano, Richie Hawtin, Stevie Wonder, c’est
très different. À la maison, je n’écoute
pas que de la House Music, je deviendrais folle…
Quel est ton Dj
favoris ?
Loco Dice ! Un style extraordinaire depuis ces dernières
années, personnel, son propre son, il est très fort.
Je le respecte énormément en tant
qu’artiste.
Quel est exactement
le concept du Clandestino ?
Le Clandestino est comme mon bébé, c’est ma
soirée. Cela a débuté en novembre il y a 5
ans; cela se passe tous les dimanches, un jour très
important au niveau clubbing maintenant. Avant, il n’y avait
pas grand-chose ce jour-là à Londres.
C’était surtout le samedi. C’est très
international, et très italien au niveau de la
fréquentation, culture très présente à
Londres. C’est une soirée Underground mais accessible
à tous. La moyenne d’âge est plus
élevée, à partir de 25 ans. Ils viennent pour
la musique avant tout et pour les résidences, comme Loco
Dice, Guido Schneider, Chloe (Kill The Dj), Dinky…les gens
viennent vraiment pour la musique, ce qui fait la force du
Clandestino. C’est quelque chose que j’ai construit
depuis 4 ans et demi !
Merci à toi !
Avec grand plaisir, à bientôt au Clandestino !
Site Officiel : www.missjools.com