Accueil Date de création : 20/07/07 Dernière mise à jour : 02/12/08 09:00 / 2663 articles publiés
 

interview : Miss Jools  posté le dimanche 21 octobre 2007 15:40

Miss Jools n’est pas seulement une Djette très connue de la scène Underground, mais est aussi la co-fondatrice du Clandestino à Londres. Le club le plus branché des soirées du dimanche. Ce club est une référence mondiale en la matière. Miss Jools, c’est aussi Sleeper Thief, une nouvelle production basée à Londres. Il s’agit d’une collaboration entre notre Miss et Audiofly (trois figures de proue du circuit londonien) qui délivre un nouveau son, basé sur leur background musical différent et leurs diverses influences. Mais qui est vraiment Miss Jools ? Goldenboy l’a rencontrée pour vous.

Bonjour Miss Jools, un grand merci de nous avoir donné l’opportunité de te rencontrer ce soir ! Quand as-tu commencé à mixer ?
Il y’a environ 12 ans, quand j’étais étudiante.

Comment cela s’est-il passé la première fois ?
Mes amis organisaient des soirées en ville, et tous les gens que je connaissais, garçons ou filles avaient un jour ou l’autre les commandes des platines, alors je me suis dit, pourquoi pas moi !

Te rappelles-tu la toute première fois ou tu as joué ?
Oui, c’était à une after où tous mes amis étaient là, c’était une bonne expérience, parce que ce n’étaient que des amis qui étaient là, mais, je me rappelle que j’ai fait beaucoup de bruit (laugh) ! C’était carrément un désastre ! Et ça a duré comme ça pendant 6 mois !

Comment a évolué ton style musical au fil du temps ?
Quand j’ai commencé le mix, j’étais influencée, parce qu'il ya 15 ans j’écoutais Tony Humphries, Frankie Knuckles, de la Deep Soulful House,... J ’ai été très influencée, mais bien sûr tout cela a très fortement évolué au cours des dernières années.

Ce n’est pas très habituel pour une fille d’être DJ, tu as certainement dû entendre cela une quantité innombrable de fois. Même sur Internet, au niveau des forums de discussion par exemple, c’est évident que c’est plus un monde de mecs, assez sexiste ; pourquoi à ton avis ?
Je pense que ces trois dernières années, nous commençons vraiment à prendre nos marques. C’est une industrie dominée pas les hommes, mais pour moi, à mon niveau, ça ne se ressent pas. Ce n’est pas un problème.

Et penses-tu que pour une fille qui débarque dans ce milieu aujourd’hui c’est toujours plus difficile ?
Je pense que c’est le cas dans beaucoup de domaines, c’est le même problème partout, pas uniquement dans la musique. Si tu fais abstraction de ça et que tu as tes propres goûts, c’est la même chose, tu as juste besoin d’aide pour y rentrer, mais ça c’est le cas pour tous.

Il y a de plus en plus de DJ filles…
Oui maintenant de plus en plus.

Tu as été résidente sur pas mal de radio comme Kiss FM à l’époque, penses-tu que cela a contribué à ton succès ?
C’était comme on dit en anglais « a stepping stone », c’est une expérience que je devais faire comme les radios pirates underground, c’était des radios très courantes à Londres dans les années 95 – 96, bref, toutes ces apparitions radios sont bonnes pour le CV. Mais ce ne sont pas les choses les plus importantes. Il y a 6 ou 7 ans sans doute que oui…

C’est intéressant pour se faire connaître et être booké plus facilement…
Oui, tout à fait.

Mis à part les radios, quels sont les plus grands événements qui t’ont menés là où tu es aujourd’hui ?
Travailler en studio, réaliser mes propres traks, c’est un autre niveau pour moi. J’ai de l’inspiration, je suis plus excitée à l’idée de produire, oui, je continue !

Tu es Dj résidente au Clandestino à Londres, mais tu tournes aussi un peu partout en Australie, à Singapour, Tchécoslovaquie, Grèce, Portugal, Italie, Croatie, Miami, Ibiza,…après tous ces endroits prestigieux, reste-t-il encore des endroits ou tu voudrais jouer ?
J’ai beaucoup voyagé en 10 ans, mais il y a encore beaucoup de pays où j’aimerais jouer, par exemple, en Inde…en Thaïlande par exemple. J’aimerais beaucoup aussi que le Clandestino devienne un jour international…à Ibiza, en Italie, etc…

Aujoud’hui, comment décrirais-tu ton style ?
Mon style est plutôt Techhouse, Minimal, Electro…de la bonne House Electro. Parfois plus Techno, plus Minimal mais pas trop Deep…

Au début du set, tu testes un peu le public afin de savoir dans quel style tu vas les propulser?
Oui, tout à fait ; Miss Jools a son son, ses palques quand elle va mixer, c’est évident, mais, bien sûr tu dois d’abord te rendre compte de la situation, qui est différente chaque nuit.

Tu mixes plutôt pour toi ou pour le public ?
C’est difficile, je ne peux pas toujours mixer pour moi, ce n’est pas possible, si je joue ce que j’aime et que tout le monde s’en va, je dois bien sûr faire quelque chose…

A ton avis, quels sont les ingrédients indispensables pour une soirée réussie ? Tu vois, ce détail indescriptible qui fait que la soirée est un carton ?
Il est important que les gens qui organisent une soirée aient un concept qu’ils maîtrisent, qu’ils sachent pourquoi ils organisent une soirée et dans quel sens ils comptent aller, avoir les bons Dj’s qui jouent la musique que les gens veulent. C’est l’organisation qui compte, plus que les DJ’s qui viennent jouer. Je suis résidente au Clandestino, et je promotionne vraiment l’état d’esprit du Club. Je choisis les bons Dj’s, dans cet esprit.

C’est donc l’organisation qui est la clef…
Oui, avant que tout le monde danse et que tout le monde s’amuse, il y a un stress énorme derrière tout ça.

Penses-tu que beaucoup d’organisateurs comprennent cela ?
Non, beaucoup invitent des Dj’s très connus, seulement pour faire du fric. Pour moi, c’est complètement nul. Les soirées les plus underground sont pour moi les meilleures.

Quel a été ton meilleur souvenir en tant que DJ ?
Je ne sais pas, je n’ai pas une bonne mémoire (laugh), beaucoup, énormément de soirées, en fonction des gens présents, de la situation, …mais il y’en a vraiment trop pour s’en souvenir…

Et en temps que clubbeuse ?
J’ai été clubbeuse pendant peut-être 6 ans avant de commencer à mixer. Tous les WE, c’était une belle fête (ndlr : « mais quelle belle fête ! »). J’ai beaucoup de bon souvenir sur le dancefloor avec mes amis.

Sur ton site web, tu parles de ta dernière production, Sleeper Thief, peux-tu nous en dire plus ?
Oui « Sleeper Thief » est fait en collaboration avec AudioFly qui est basé à Londres, et moi. Nous avons un release 'Free Ride Ep' sur le label 64Records. Nous avons un très bon feedback des autres Dj. Nous travaillons maintenant en studio toutes les semaines, nous avons déjà fini un remix.

Tu travailles plus les remixes ou tes propres productions ?
Non, nos propres titres. Audio Fly est plus Electro-House, plus accessible. Maintenant que je travaille avec eux, c’est un son différent, moi je suis plus Underground à la base. C’est très excitant de mélanger les styles de cette façon.

Il arrive souvent qu’un morceau soit plus Underground au début, et qu’ensuite le public le découvre et que ça devienne commercial. Ainsi, beaucoup de clubbers délaissent alors le titre comme s’il était désacralisé et sans intérêt, que penses-tu de ce phénomène ?
Oui, un exemple majeur est celui de MANDY – Body Languages (Physical Mix). C’était une track Underground et beaucoup de DJ’s la playlistaient, c’est alors devenu commercial et ce titre a franchi une barrière. C’est passé sur le dancefloor commercial et ça a cessé d’être « un bon morceau ». C’est alors que les Dj’s underground ont cessé de le jouer. Mais en fait cette track est toujours aussi bonne.

Penses-tu que le terme commercial est forcément péjoratif ?
Je ne pense pas que ce soit bien ou mal, je pense que les Dj’s qui produisent une track qu’ils veulent Underground, ne vont pas dire « stop, je ne veux pas que cette track soit trop vendue à travers le monde », ça rapporte beaucoup d’argent. Mais c’est la musique, ce sont les règles…

Quel est ton Top 5 ?
Shake the Rythm, Galiano, Richie Hawtin, Stevie Wonder, c’est très different. À la maison, je n’écoute pas que de la House Music, je deviendrais folle…

Quel est ton Dj favoris ?
Loco Dice ! Un style extraordinaire depuis ces dernières années, personnel, son propre son, il est très fort. Je le respecte énormément en tant qu’artiste.

Quel est exactement le concept du Clandestino ?
Le Clandestino est comme mon bébé, c’est ma soirée. Cela a débuté en novembre il y a 5 ans; cela se passe tous les dimanches, un jour très important au niveau clubbing maintenant. Avant, il n’y avait pas grand-chose ce jour-là à Londres. C’était surtout le samedi. C’est très international, et très italien au niveau de la fréquentation, culture très présente à Londres. C’est une soirée Underground mais accessible à tous. La moyenne d’âge est plus élevée, à partir de 25 ans. Ils viennent pour la musique avant tout et pour les résidences, comme Loco Dice, Guido Schneider, Chloe (Kill The Dj), Dinky…les gens viennent vraiment pour la musique, ce qui fait la force du Clandestino. C’est quelque chose que j’ai construit depuis 4 ans et demi !

Merci à toi !

Avec grand plaisir, à bientôt au Clandestino !

Site Officiel : www.missjools.com

Déposez un commentaire !

Mieux vous connaître (facultatif) :

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.103.63.61) pour vous identifier.

Aucun commentaire pour l'article:
interview : Miss Jools