Entre techno féline et ambient pour films, le beau retour du légendaire duo anglais Underworld.
Face aux “energy drinks” qui se succèdent
dans le gosier des musiques électroniques, Underworld fait
figure de bon vin qui vieillit bien. Et tant pis pour ceux qui
passeront à côté en les soupçonnant de
ringardise : entre des jeunes déjà vieux et des vieux
restés incroyablement jeunes, le choix est vite fait. Car
c’était il y a onze ans déjà. En 1996,
leur Born Slippy en forme d’hymne rave explosait
dans le film Trainspotting de Danny Boyle. D’album en album,
Underworld n’a ensuite pas dévié d’un
pouce de sa trajectoire artistique, préférant sa
liberté à la voie d’un succès facile. Au
point ces dernières années d’avoir choisi une
indépendance forcenée, profitant du net pour
faciliter la distribution de sa musique.
Avec ce sixième album studio, Karl Hyde et Rick Smith
confirment que leurs accointances avec la scène minimale
allemande témoignent d’une vraie passion pour un genre
qu’ils digèrent très bien dans leur techno
(Faxed Invitation). Underworld parvient mieux que personne
à incarner une electro chantée nourrie aux sombres
synthés métalliques de la new-wave des années
80 (Beautiful Burnout) et dévoile une nouvelle
facette de sa personnalité avec deux titres contemplatifs
(Glam Bucket et To Heal) écrits pour la BO
de Sunshine de Danny Boyle, ainsi qu’un double finale
d’electro dépouillée à la
sensibilité folk (Good Morning Cockerel et Best
Mamgu Ever). Entre minimalisme et synthés
féeriques, Underworld unit à merveille les univers
techno et ambient.