James Lavelle est de ces artistes exigeants qui ne
tolèrent pas l’inertie et sont obsédés
par le renouvellement. Encore faut-il être
inspiré… Le cerveau du collectif aléatoire
UNKLE aurait mieux fait d’avaler un double Lexomil le jour
où il a troqué ses machines hypnotiques contre des
guitares héroïques et une batterie pompière. Son
nouvel album War Stories est à son
chef-d’œuvre Psyence Psycho ce que les
rillettes sont au foie gras. En gros : ça peut être
bon, mais souvent, bonjour l’indigestion. Les deux tiers du
disque font une véritable déclaration de guerre
à la musique subtile – dont, comble de l’ironie,
Lavelle fut pourtant l’irréprochable garant en tant
que patron du label britannique Mo’Wax. Même son
complice 3D de Massive Attack livre un Twilight
plutôt falot et Josh Homme joue carrément les gros
rustauds au détour de Restless.
Heureusement, certains morceaux aux mélodies vertigineuses
irradient l’ensemble, notamment quand Ian Astbury du Cult
pose son timbre crépusculaire sur les
ténébreux Burn My Shadow et When Things
Explode, ou lorsque l’Ecossais météorique
Gavin Clark figure au casting soyeux du déchirant
Broken. Mais ce sont les Anglais de Duke Spirit qui
signent le plus beau featuring du disque. Leur Persons &
Machinery renoue avec la splendeur originelle d’UNKLE :
harmonie céleste de basses intenses, de vocalises
aériennes et de breaks à couper le souffle.
L’honneur est sauf.
sortie juil. 2007 (Pias / Opening)
