Tu viens de sortir ton
troisième album Pop Life. Qu’as-tu voulu y
mettre ?
Finalement, cet album reste fidèle à mes racines
club, même si je pense lui avoir donné une dimension
plus profonde que le simple fait de faire danser. J’ai appris
ce métier sur le tas. Au départ, je me contentais de
faire des morceaux dansants et efficaces mais plus j’ai
progressé plus je me suis intéressé aux
mélodies, aux rythmes et tout ce qui compose une chanson. Je
pense que Pop Life traduit bien cela car c’est un
mélange entre une musique pour faire danser et un vrai
travail de composition musicale. Ce n’est pas qu’un
album fait pour le dancefloor.
Le premier single “Love
is gone” est déjà un vrai succès.
Comment choisit-on le premier single d’un
album ?
Ha ! C’est vraiment quelque chose d’horrible. Je
crois même que c’est plus dur de choisir le premier
single que de faire l’album en entier car j’aime
forcément tous les morceaux de Pop Life. Mais finalement on
s’est décidé pour “Love is gone”
parce que c’est le titre qui cartonne le plus en boîte.
Dès que je le passe, le gens deviennent complètement
fous, ils reprennent tous en chœur les paroles. C’est
incroyable ! Et c’est quelque chose qui est plutôt
rare ! Tous les titres ne remportent pas un succès
pareil dès leurs premiers passages.
Il semble que les voix aient
toujours été très importantes dans tes
productions. Pourquoi ?
Lorsque l’on met des voix sur un titre, les tracks uniquement
instrumentaux paraissent fades à côté. Du coup,
je ne fais que des morceaux avec des voix. Je trouve aussi que les
chansons sont plus dans l’aspect émotionnel de
l’écoute alors que sans les voix, on est dans une
écoute presque physique, qui dure le temps du passage du
titre. Une chanson reste plus longtemps dans les mémoires,
ça marque plus car c’est plus intellectuel. Et puis,
la voix est surtout le plus bel instrument, non ?
Tu travailles depuis
longtemps avec Joachim Garraud. Comment vous vous organisez en
binôme ?
Au départ, j’ai commencé à travailler
avec Joachim pour ses compétences techniques. Il a une
formation d’ingénieur du son et il maîtrise donc
parfaitement toutes les machines. Moi, je m’occupais plus de
donner l’orientation artistique. Et puis, on a
continué à travailler ensemble et Joachim s’est
de plus en plus investi dans l’écriture des morceaux.
Aujourd’hui, on peut vraiment dire qu’on produit les
titres ensemble.
Quelle évolution as-tu
notée entre tes trois albums ?
Pop Life est indéniablement le meilleur album des trois que
j’ai faits. Forcément, j’ai fait des
progrès car on apprend tous les jours dans ce milieu
là. Et puis, il faut dire que j’ai pris un an et demi
pour le faire, ce qui est beaucoup plus long que pour les
précédents. Au total, j’avais fait 40 morceaux
environ. Avec Joachim on en a produit 25. Et sur les 25, nous avons
sélectionné ceux que nous aimions encore
écouter, un an et demi après. En tous cas, je suis
très fier du résultat !
La nouvelle saison à
Ibiza a commencé avec les fameuses soirées
“F*** Me I’m Famous”. Quelles sont les
nouveautés de cette année ?
La première nouveauté c’est que de 3 ou 4
soirées “F*** Me I’m Famous” sur toute la
saison lors des années précédentes, nous
passons à 12 soirées pour cette édition
2007 ! Nous serons un jeudi sur deux au Pacha mais nous avons
aussi été invités sur d’autres
soirées comme celles d’Erick Morillo, de David Morales
ou encore de Pete Tong. Autre grande nouveauté cette
année, c’est la présence de guests
internationaux. Avant je m’efforçais d’inviter
uniquement des Dj’s français. Mais pour cette saison,
j’ai décidé d’inviter d’autres
excellents Dj’s, français ou non.
Tu peux déjà
nous donner quelques noms des guests à
venir ?
Il y aura pas mal d’artistes qui ont participé
à mon dernier album et que j’ai souhaité
inviter comme Sebastien Ingrosso, Tocadisco ou encore Steve
Angello. Et puis il y aura aussi les 2 Many Dj’s, que je
connais bien puisque nous nous retrouvons souvent lors de festivals
et de soirées électro. En général ils
sont sur la scène électro et moi sur la scène
house. J’aime bien ce qu’ils font et ils ont beaucoup
de succès. Tant mieux pour eux.
On peut donc s’attendre
à une nouvelle compilation FMIF ?
Et bien non, pas cette année ! J’ai
préféré mettre toute mon énergie dans
l’album qui était pour moi le projet le plus important
dans lequel je me suis énormément investi. Il faudra
donc attendre l’année prochaine pour la nouvelle
compilation “F*** Me I’m Famous” !
Il y a deux facettes chez
David Guetta. Il y a le promoteur de soirées et
l’artiste Dj. Ça aide de connaître ces deux
aspects ?
Ça aide dans le sens où maintenant je comprends mieux
les gens pour qui je travaille. Les Dj’s ne se rendent pas
toujours compte de ce que ça représente
d’organiser une soirée. Ils voient souvent ça
d’une manière simpliste alors que par
expérience je sais que c’est très
compliqué de monter un bel évènement et je
suis conscient de l’investissement personnel que ça
représente. Je pense que je suis devenu un Dj plus cool, je
suis moins intransigeant avec les organisateurs de
soirée.
Tu as fait une grande
tournée mondiale l’année dernière.
J’imagine que tu vas repartir bientôt... Comment vis-tu
ce genre de tournées ?
J’adore voyager et je pense que c’est une chance
extraordinaire de pouvoir découvrir le monde, rencontrer des
gens différents. Et c’est hallucinant d’entendre
une foule reprendre tes titres alors que tu joues à
l’autre bout du monde ! Là-bas, les gens
n’ont pas de préjugés sur moi. Ils ne jugent
que ma musique. Je reviens d’une tournée au Canada,
aux Etats-Unis et en Amérique du Sud et ça
s’est super bien passé ! Je ne m’attendais
vraiment pas à un accueil pareil. Et comme l’album
sort d’abord en Europe, je vais partir en tournée
européenne avec beaucoup de dates en France.
Y a-t-il des dates ou des
endroits que tu attends plus que d’autres ?
Bien sûr il y a Ibiza qui reste extraordinaire. Mais il y a
aussi un grand festival anglais Global Gathering, dont je suis la
tête d’affiche ! Je suis impatient d’y
être et de mixer sur la scène principale. Je serai
aussi à la Sensation White aux Pays-Bas et puis il y a la
tournée française qui est forcément
très importante pour moi et pour le public. Il y a un lien
fort entre nous et ça reste mon pays, ce n’est pas
rien !
www.davidguetta.com
www.fuckmeimfamous.fr
